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Chroniques d'albums

Tout schuss avec The Horrors

Transition malheureuse ou suite logique pour le dernier album de The Horrors ? Un peu des deux, dirons-nous, de quoi vous laisser pantois plus d’un chroniqueur amateur ! Deux ans après « Primary Colours » et ses accents de Joy Division franchement assumés, The Horrors se la joue à nouveau hors de son époque, mais dans un registre différent.

La dark wave, ce n'est pas qu'une question de son, c'est aussi une question de look. Il faut cependant choisir entre la perruque imitation Robert Smith et la boucle de ceinture king size.

Primary Colours, c’était du post post-punk (et pas du post-punk revival, ne pas confondre), teinté de dark wave, et c’était très bien comme ça. Mais tout comme on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau (ou comme on ne porte jamais le même slip deux fois d’affilée sur la même face), il était à prévoir que nos camarades british allaient évoluer par rapport aux volets précédents de leur discographie. Ce qu’ils ont fait avec « Skying » en proposant un album beaucoup plus popeux, avec toujours une teinte de wave, mais plutôt new que dark. Et ça, ça vous change un band.

Ce changement de style présente au moins l’intérêt de nous éviter un air de déjà-vu et un goût de réchauffé, c’est déjà ça. Assez rapidement, on pense à un groupe comme Simple Minds, particulièrement sur un morceau tel que Still life, sans conteste le tube radio parmi les 10 pistes de « Skying ». Dans I can see through you, l’ami Faris Badwan nous singe joliment un David Bowie à mi-chemin entre Heroes et Under Pressure. Quant à Moving further away, la plage s’impose comme LA transition entre cet album et le précédent, en associant la mélancolie désabusée des compositions antérieures et l’esprit plus entrainant qui baigne ce volet.

Mis à part une transition un rien barbare après l’intro de Endless Blues, l’album est construit assez logiquement et se laisse écouter de bout en bout. D’une certaine façon, tout ceci est assez rafraîchissant et la démarche est honorable dans la mesure où elle évite les pièges d’un eighties revival. Toutefois, un minimum d’affinité avec la musique des années 80 (voire début nonante, pour les plus audacieux qui feraient la comparaison avec un groupe comme Suede) semble nécessaire pour apprécier cette production à sa juste valeur.

Histoire de conclure sur une note pessimiste, il y a fort à parier que l’album pâtira rapidement de ce côté pop et formaté FM, là où l’originalité et la recherche du précédent volume avait suscité l’enthousiasme. Avec « Skying », le groupe semble créer le buzz par l’entremise de compositions plus radiodiffusables que les moutures antérieures. Espérons pour eux que ce n’est pas pour tomber de plus haut…

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Discussion

One comment for “Tout schuss avec The Horrors”

  1. Ah bah, t’es de retour!!!!J’avais pas vu!

    Posted by Esther | janvier 10, 2012, 07:10

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